Perte de 6 points sur le permis : les infractions concernées et le délai pour les récupérer

Six points, c’est le retrait maximal pour une seule infraction. La moitié d’un permis plein. La totalité d’un permis probatoire de première année. Alcool, stupéfiants, grand excès de vitesse, refus d’obtempérer, priorité piéton : le code de la route réserve ce plafond aux fautes qu’il juge les plus lourdes. Voici la liste exacte, le délai de récupération et les cas où la sanction bascule vers l’annulation.

Les infractions qui font perdre 6 points de permis

Le barème officiel range ces infractions en deux familles : les contraventions de 4e et 5e classe, sanctionnées par une amende et les délits, qui passent devant le tribunal. Le retrait de points, lui, reste identique : 6 points dans les deux cas.

Infraction Catégorie Points retirés
Alcoolémie entre 0,5 et 0,8 g/l de sang Contravention 4e classe 6
Alcoolémie égale ou supérieure à 0,8 g/l ou ivresse manifeste Délit 6
Conduite après usage de stupéfiants Délit 6
Refus de dépistage alcool ou stupéfiants Délit 6
Excès de vitesse égal ou supérieur à 50 km/h Délit 6
Détecteur de radar (transport, détention, usage) Contravention 5e classe 6
Refus de céder le passage à un piéton Contravention 4e classe 6
Refus d’obtempérer Délit 6
Conduite malgré une suspension du permis Délit 6
Délit de fuite Délit 6

À cette liste s’ajoutent les blessures involontaires entraînant une incapacité de travail de plus de trois mois, l’entrave à la circulation et l’usage de fausses plaques d’immatriculation. Un cas dépasse même le plafond : conduire sous stupéfiants et sous emprise de l’alcool coûte 9 points d’un coup.

Grand excès de vitesse : le passage au statut de délit

Rouler 50 km/h au-dessus de la limite ne relève plus de la simple contravention de 5e classe. La fiche officielle du barème, actualisée en février 2026, classe désormais cet excès parmi les délits routiers. Conséquence directe : convocation au tribunal, casier judiciaire possible, confiscation du véhicule, suspension du permis jusqu’à trois ans. Les 6 points partent en plus, sans discussion.

Le raisonnement du législateur tient en une phrase : à cette allure, la distance de freinage explose et le conducteur ne maîtrise plus rien. La sanction suit la gravité réelle du risque.

Permis probatoire, le seuil qui change tout

Jeune conductrice souriante au volant de sa voiture

Un jeune conducteur démarre avec 6 points. Une infraction à 6 points le ramène donc à zéro. Le permis est invalidé, le ministère de l’Intérieur envoie la fameuse lettre 48SI, le titre doit rejoindre la préfecture sous dix jours. Six mois d’attente, puis l’examen complet à repasser. Code et conduite.

Le piège se cache dans le taux d’alcool. En période probatoire, la limite tombe à 0,2 g/l de sang, soit un verre suffit à la franchir. Ce seuil déclenche à lui seul le retrait de 6 points.

Après la première année, le capital grimpe et la sanction change de nature :

  • Année 1 (6 points au compteur) : solde à 0, permis invalidé, examen à repasser.
  • Année 2 (8 ou 9 points selon la filière) : le permis descend à 2 ou 3 points et le stage devient obligatoire.
  • Année 3 en formation initiale (10 points) : le permis tombe à 4 points, stage obligatoire lui aussi.

Le conducteur issu de l’apprentissage anticipé sort de la période probatoire au bout de deux ans. Sa troisième année se joue déjà sur un permis plein à 12 points.

Combien de temps pour récupérer ces 6 points ?

Le délai de récupération automatique est de 3 ans. Trois années pleines sans la moindre infraction entraînant un retrait de points : le compteur repart à zéro et le fichier national des permis rétablit le capital par simple courrier.

La règle est sèche. Une infraction commise en cours de route, même bénigne, relance le compteur. Trois ans redeviennent trois ans.

Autre signal à ne pas ignorer : dès que le solde atteint 6 points, le ministère de l’Intérieur adresse une lettre 48M en recommandé. Ce courrier invite à suivre un stage volontaire. Il ne s’agit pas d’une formalité administrative de plus, mais d’un avertissement : le permis approche de la zone rouge.

Le stage de sensibilisation, le raccourci pour remonter à flot

Le stage de récupération de points crédite 4 points en deux journées consécutives. Deux animateurs le dirigent : un expert en sécurité routière et un psychologue. Le programme passe en revue les facteurs d’accident, vitesse, alcool, stupéfiants, fatigue, téléphone, puis analyse un cas réel d’accident avec les participants.

Deux conditions pour s’inscrire : détenir un permis valide et ne pas avoir suivi de stage similaire dans les douze derniers mois. Le stage volontaire reste ouvert à tous les conducteurs, y compris ceux qui anticipent.

En permis probatoire, le stage n’a rien de facultatif. La lettre 48N ouvre un délai de 4 mois pour l’effectuer. Passer outre expose à une amende de 135 € et à une suspension du permis pouvant atteindre trois ans. Bonne nouvelle en revanche : après le stage, l’amende forfaitaire de l’infraction se fait rembourser.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *