Non, le CPF ne finance plus le permis pour tout le monde. Depuis février 2026, le compte personnel de formation reste ouvert au permis de conduire, mais pour un public bien plus restreint. Les titres qui annoncent sa disparition pure et simple se trompent.
La réforme vise surtout les permis du groupe léger, dont la voiture et une partie des deux-roues. Voici qui garde la main sur ses droits, à quelles conditions et pour quel montant.
Le CPF permis de conduire 2026 : une restriction, pas une disparition
La loi de finances pour 2026 (loi du 19 février 2026) a redessiné l’accès au dispositif. Depuis le 20 février 2026, mobiliser son CPF pour préparer les épreuves théoriques et pratiques d’un permis du groupe léger (A1, A2, B1, B, BE) devient réservé à deux profils précis. Un décret du 24 février a complété la règle avec un plafond et une obligation de cofinancement.
Parler de « fin du CPF pour le permis » relève de l’approximation. Le levier existe encore, il change simplement de cible.
Le permis n’est pas sorti du CPF : il se recentre sur les projets liés à l’emploi.
Qui peut encore financer son permis avec le CPF ?
Deux publics conservent l’accès. Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail restent éligibles de plein droit, quel que soit leur solde. Les salariés et les indépendants ne peuvent mobiliser leurs droits que si un tiers cofinance la formation : employeur, Région, État, Opco ou fonds d’assurance formation. Sans ce coup de pouce extérieur, un salarié ne peut plus payer seul son permis B avec ses seuls droits CPF.
| Catégorie de permis | Qui peut mobiliser le CPF | Plafond |
|---|---|---|
| Groupe léger (A1, A2, B1, B, BE) | Demandeurs d’emploi ou salariés cofinancés | 900 € |
| Poids lourd et transport (C, CE, D, DE…) | Tous les titulaires | Aucun plafond spécifique |
Plafond, cofinancement et reste à charge : les nouveaux montants
Trois chiffres résument la réforme côté portefeuille :
- 900 € : le plafond mobilisable pour un permis du groupe léger, même si le compte affiche davantage.
- 100 € : la contribution minimale du cofinanceur tiers qui débloque le CPF d’un salarié.
- 150 € : la participation forfaitaire obligatoire, réglée à l’inscription depuis le 2 avril 2026.
Les demandeurs d’emploi et les dossiers déjà cofinancés échappent à ce reste à charge. Les dossiers validés avant le 26 février 2026 gardent quant à eux les anciennes règles.
Permis moto et poids lourd : deux régimes séparés
Côté deux-roues, les permis A1 et A2 appartiennent au groupe léger. Ils subissent les mêmes restrictions que la voiture, et l’usage du CPF pour le permis moto a nettement reculé. La formation de 7 heures qui autorise un titulaire du permis B à rouler en 125 cm³ ne rentre, elle, dans aucun financement CPF.
Les permis poids lourd et transport de personnes (C, CE, D, DE et leurs variantes) suivent une autre logique. Directement liés à une activité professionnelle, ils restent mobilisables par tous les titulaires, sans plafond de 900 €.
Apprentis : la fin de l’aide de 500 € et les alternatives
La loi de finances 2026 supprime aussi l’aide forfaitaire de 500 € versée depuis 2019 aux apprentis majeurs pour le permis B. Les débats parlementaires ont un temps laissé croire à un maintien. Le texte final acte bien la suppression de ce coup de pouce.
Plusieurs relais existent pour les jeunes concernés :
- le permis à 1 € par jour, un prêt à taux zéro ouvert aux 15-25 ans,
- les aides régionales ou locales, variables selon le territoire,
- un cofinancement de l’employeur ou d’un organisme professionnel,
- le CPF lui-même, quand les nouvelles conditions sont réunies.
