Contrôle technique moto : les 80 points de contrôle vérifiés en 9 familles

Depuis le 15 avril 2024, toute moto de catégorie L roule avec une nouvelle obligation : le contrôle technique. Le contrôleur passe en revue 80 points de contrôle regroupés en 9 familles, de la simple plaque d’immatriculation aux émissions polluantes. Pas de démontage, pas de banc d’essai : un examen visuel et fonctionnel d’une trentaine de minutes. Voici la liste précise de ce qu’il inspecte et ce qui envoie un deux-roues en contre-visite.

Les 80 points de contrôle du CT moto en 9 familles

L’arrêté du 23 octobre 2023 fixe la grille officielle. Chaque moto, scooter, side-car ou trois-roues subit le même découpage en neuf grandes fonctions. Le contrôleur note chaque élément et attribue un niveau de gravité au moindre défaut.

Famille Ce que le contrôleur vérifie
Identification Plaque, numéros de série, état de présentation
Freinage Disques, plaquettes, maîtres-cylindres, flexibles, ABS
Direction Guidon, jeu, té de fourche, colonne
Visibilité Pare-brise, rétroviseurs
Feux et électricité Phares, clignotants, feu stop, batterie, coupe-circuit
Roues et suspension Pneus, jantes, amortisseurs, roulements
Châssis Cadre, réservoir, selle, béquille, carénage
Autre matériel Avertisseur sonore, compteur kilométrique
Nuisances Bruit, émissions polluantes, fuites de liquide

Ce tableau couvre l’intégralité du champ d’inspection. Certaines lignes visent surtout les voiturettes et scooters à trois roues (frein de stationnement, ceinture), mais le socle reste identique pour une moto classique.

Freinage, pneus et direction : les organes passés au crible

80 points — 9 familles de contrôle
Identification Freinage Direction Visibilité Feux & électricité Roues & suspension Châssis Autre matériel Nuisances
Examen visuel et fonctionnel, sans démontage, en une trentaine de minutes. Le trio freinage / pneus / direction concentre l’attention.

Le trio sécurité concentre l’attention du technicien. Côté freinage, il inspecte l’état des disques, plaquettes et flexibles, teste la course des leviers et vérifie les voyants ABS. Un flexible fendillé ou une plaquette à la corde ne pardonne pas.

Les trains roulants suivent : usure des pneus, voile ou bosse sur les jantes, suintement d’huile sur la fourche, jeu dans les roulements de roue. La direction ferme la marche avec le contrôle du guidon, du té de fourche et du jeu dans la colonne.

Les défauts qui recalent le plus souvent :

  • pneus lisses, craquelés ou percés
  • plaquettes de frein hors d’usage
  • fuite d’huile sur un amortisseur ou une fourche
  • plaque d’immatriculation tordue ou illisible
  • échappement non homologué sans réducteur de bruit

Feux, châssis et nuisances complètent l’examen

Macro d'une chaine de moto lubrifiee et de sa couronne arriere lors d'un entretien

L’éclairage passe au contrôle visuel : phares, clignotants, feu stop, éclairage de plaque et catadioptres. Le technicien teste aussi la batterie, sa connectique et le coupe-circuit moteur, un point qui monte en importance sur les modèles électriques.

Le châssis englobe le cadre, le réservoir, les supports moteur, la selle, la béquille et le carénage. Rien de saillant ni de cassé ne doit menacer la sécurité. Vient enfin la famille nuisances : le technicien juge le niveau sonore à l’oreille (le sonomètre arrive plus tard), branche une sonde pour les émissions polluantes et traque les pertes de liquide sous le moteur.

Que risque votre moto en cas de défaillance ?

Chaque anomalie reçoit l’un des trois niveaux de gravité prévus par le texte. Le résultat global en découle directement.

  • Défaillance mineure : aucun impact sur la sécurité, votre contrôle reste favorable (note A) et vaut 3 ans.
  • Défaillance majeure : avis défavorable (note S), vous avez deux mois pour réparer et repasser en contre-visite.
  • Défaillance critique : avis défavorable (note R), la validité tombe le jour même et les forces de l’ordre peuvent immobiliser la moto.

Sans défaillance majeure ni critique, le contrôle technique favorable protège trois ans et rassure tout acheteur à la revente.

Réparez, revenez dans le délai de deux mois et le contrôleur revalide uniquement les points qui coinçaient. La contre-visite se limite aux défaillances relevées, pas à toute la moto.

Préparer sa moto avant le passage

Un contrôle réussi se joue au garage, la veille. Quelques gestes simples écartent la contre-visite :

  • vérifiez l’usure et la pression des pneus
  • remontez l’échappement d’origine ou un modèle homologué
  • contrôlez tous les feux et remplacez les ampoules mortes
  • redressez ou nettoyez la plaque d’immatriculation
  • essuyez les traces d’huile et resserrez la selle et la béquille

Comptez environ 70 € et trente minutes. Une moto entretenue franchit l’étape sans accroc, et repart avec un carnet vierge qui vaut de l’or au moment de vendre.

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