Un flash dans une rue limitée à 30 km/h coûte 135 euros et un point au minimum, même pour un dépassement modeste. Le montant grimpe rarement, le retrait de points, lui, s’alourdit vite : deux points dès 20 km/h de trop, trois au-delà de 30. Et la plupart des barèmes que vous croiserez sur le sujet se trompent sur le premier palier. Voici le détail exact, le seuil réel de déclenchement du radar et les recours qui aboutissent.
Le barème des sanctions en zone 30
Tout se joue sur la vitesse retenue, celle qui reste après application de la marge technique du radar. Le dépassement se calcule par rapport aux 30 km/h autorisés.
| Dépassement retenu | Classe | Amende forfaitaire | Points |
|---|---|---|---|
| Moins de 20 km/h | 4e | 135 € (90 € minorée) | 1 |
| 20 à 29 km/h | 4e | 135 € (90 € minorée) | 2 |
| 30 à 39 km/h | 4e | 135 € (90 € minorée) | 3 |
| 40 à 49 km/h | 4e | 135 € (90 € minorée) | 4 |
| 50 km/h et plus | délit | 300 € (AFD) à 3 750 € | 6 |
L’amende passe à 375 euros si vous laissez filer le délai de 45 jours. Un point mérite votre attention : depuis 2024, un dépassement retenu de moins de 5 km/h ne coûte plus aucun point, seulement l’amende.
Le dernier palier concerne les conducteurs qui roulent à plus de 80 km/h dans une rue à 30. Depuis le 29 décembre 2025, ce grand excès constitue un délit inscrit au casier judiciaire, avec rétention du permis sur place et véhicule en fourrière.
Non, ce n’est pas 68 euros

Plusieurs pages bien classées annoncent une contravention de 3e classe à 68 euros pour un petit excès en zone 30. L’information est fausse et elle peut vous coûter une majoration.
L’article R413-14 du Code de la route pose le principe : tout dépassement de moins de 50 km/h relève de la quatrième classe. Une seule exception existe, et elle vise les dépassements inférieurs à 20 km/h lorsque la vitesse maximale autorisée dépasse 50 km/h. Autrement dit : les routes, les voies rapides, les autoroutes. Une zone 30 plafonne à 30 km/h. Elle sort donc du champ de l’exception et retombe dans le régime général.
Rouler à 44 km/h dans une zone 30 vous expose au même tarif que rouler à 64 km/h sur une route à 50 : 135 euros.
À quelle vitesse le radar déclenche-t-il ?
Les radars appliquent une marge d’erreur réglementaire. Sous 100 km/h, elle atteint 5 km/h pour un radar fixe, tourelle ou feu rouge. Le calcul devient simple : le premier kilomètre-heure sanctionné en zone 30 correspond à 36 km/h affichés au compteur, ce qui donne 31 km/h retenus.
Les voitures-radar et les jumelles des forces de l’ordre bénéficient d’une marge plus large, fixée à 10 km/h en dessous de 100 km/h. Ajoutez à cela l’imprécision de votre propre compteur, généreux de quelques pour cent. Un conducteur qui vise 33 km/h au compteur conserve une vraie sécurité.
Les radars pédagogiques, eux, affichent votre vitesse sans rien envoyer. Ils ne verbalisent jamais.
Les motifs de contestation qui tiennent vraiment
Une zone 30 ne s’impose que si elle est signalée dans les règles : panneau d’entrée, panneau de sortie, arrêté municipal valide. Un marquage « 30 » peint sur la chaussée ne suffit pas à créer l’obligation. Quatre arguments sortent du lot :
- Signalisation absente, masquée par la végétation ou illisible : photographiez les lieux, datez vos clichés, joignez-les à la requête.
- Marge technique non déduite : vérifiez que l’avis distingue vitesse mesurée et vitesse retenue.
- Radar non vérifié dans l’année : demandez le certificat de vérification périodique.
- Erreur sur l’avis : plaque, date, lieu, véhicule vendu avant l’infraction.
La contestation part en recommandé avec le formulaire de requête en exonération, dans les 45 jours. Attention au piège : vous versez une consignation du montant de l’amende, jamais un paiement. Payer vaut reconnaissance de l’infraction et clôt le dossier.
Zone 30 et ville 30, deux logiques différentes
La confusion revient sans cesse. Une zone 30 forme un périmètre : du panneau d’entrée au panneau de sortie, toutes les rues et tous les carrefours passent à 30 km/h, sans le moindre rappel nécessaire. Une simple limitation à 30 km/h, elle, s’arrête au prochain carrefour ou au prochain panneau.
La ville 30 renverse encore la règle. Paris, Grenoble, Lyon, Bordeaux, Nantes, Annecy : plus de 400 communes ont fait du 30 km/h la norme sur l’ensemble de leur voirie, les grands axes restant à 50 km/h quand un panneau le précise. Dans ces villes, l’automobiliste ne cherche plus les zones 30. Il cherche les rues qui y échappent.
Cette bascule répond à une donnée brutale : un piéton heurté à 30 km/h survit dans neuf cas sur dix, à 50 km/h le rapport s’inverse. La distance de freinage tombe de 28 à 13 mètres sur chaussée sèche. Le temps perdu sur un trajet urbain de 5 km ? Deux minutes.
